vendredi 30 mai 2008

LES PRES-SOCRATIQUES : Les Italiques (V siècle avant Jésus Christ)

    On les a appelés ainsi par dérision, car ils avaient pour fâcheuse habitude de se pencher sur des problèmes dont la complexité les dépassait largement.
    Le plus célèbre d’entre eux est incontestablement Pythagore. Après des études médiocres, notre homme ne sait pas trop quelle voie embrasser. Il serait bien tenté par une carrière d’astronaute, mais le calendrier de la NASA a pris un retard considérable, et il n’a pas la patience d’attendre. Il décide alors de fonder une école à Crotone, mais il est vite confronté à ce que l’on est obligé d’appeler une dramatique absence de programme. Pour y palier, il met au point tout un tas de rites ingénieux que les élèves se doivent de suivre scrupuleusement sans trop poser de question : ne pas manger de fèves, ne pas parler dans l’obscurité ni devant la télévision, se déplacer à cloche-pied les jours commençants pas un M, etc. Et si d’aventure on l’interroge sur le bien-fondé de telle ou telle démarche, Pythagore se contente d’arborer un sourire stupide tout en massant sa longue barbe blanche.
    Toutefois, l’ambiance se dégrade rapidement au sein de la petite communauté. La cafétéria est fermée depuis des mois, soi-disant pour rénovation, et les disciples commencent à se plaindre amèrement du manque de distraction qui sévit au sein de l’établissement. Pythagore leur propose alors de s’emparer du pouvoir à Crotone. Mais une fois aux commandes de la ville, le philosophe passe son temps dans la salle de projection du palais à visionner des veilles VHS de Capitaine Flame. Les papiers gras s’amoncellent dans les rues, la délinquance prolifère, et le peuple, à bout de patience, se révolte et boute Pythagore hors des murs de la ville.
    Moralement, c’est un coup dur mais rien comparé à l’indigence matérielle dans laquelle se retrouve notre homme, contraint de retourner habiter chez sa mère qui l’oblige à faire son lit tous les matins et déposer ses chaussettes au linge sale.
    Aigri, humilié, il ne pense qu’à se venger de la société des hommes Il passera ainsi le restant de ses jours à mettre au point des formules algébriques compliquées, synonymes de sueurs froides et de punitions carabinées pour  toutes les générations d’écoliers à venir.
    Deux aventuriers notoires, Xénophane et Parménide ont également tenté de se faire un nom en s’inspirant de Pythagore, mais en mieux organisé. Xénophane officie principalement comme cerveau du couple, tandis que Parménide s’occupe de l’organisation et de l’intendance. Tous les deux, ils fondent l’école des Eléates, avec comme concept principal l’idée que ce qui est, est.
    Ils doivent cependant rapidement revoir leur formulation car les premiers élèves croient que l’on rie à leur dépend, et partent en claquant la porte, sans omettre toutefois de se faire rembourser le premier trimestre payé d’avance.
    La seconde version donne à peu près ceci : « l’être est immuable, éternel, unique, indivisible, absolu ». L’école et sa doctrine rencontrent alors un certain succès jusqu’au jour où, à la cantine, un disciple prend à partie Xénophane et Parménide. Désignant de la pointe de son couteau le steak posé dans son assiette, le jeune homme, d’un ton narquois, s’écrie à l’adresse des deux philosophes : « Eternel et indivisible, hein ? ». Puis il engloutit le morceau de viande en trois coups de fourchette. Un silence consterné s’abat alors sur le réfectoire. Après quelques minutes, les élèves finissent par comprendre qu’il avaient été les victimes d’une vaste escroquerie, demandent aussitôt le remboursement de leurs frais scolaires sur les trois dernières années, puis saccagent l’école de fond en comble.
    Suite au scandale, les deux compères, prudents, disparaissent un temps de la circulation, puis tentent de percer dans le monde du spectacle en interprétant la célèbre chanson « Toi et moi contre le monde entier ». Mais le duo fait long feu lorsqu’on s’aperçoit que la plantureuse Lily Parker n’est autre que Xénophane dissimulé sous une perruque rousse.
   
   

      peter_sloane_copie_1
Le subterfuge était pourtant grossier
   

 

Posté par philogedy à 15:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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