Philo Story, la saga de la philosophie

vendredi 30 mai 2008

Introduction : à quoi sert la philosophie ?

Concrètement, à pas grand-chose. Par exemple, lorsque vous passez à la caisse d’un supermarché, le maniement des grands concepts philosophiques ne vous sera d’aucune utilité, sachez-le. De surcroît, si vous vous obstinez dans votre erreur, il n’est pas exclu que certaines tensions apparaissent avec les gens qui font la queue derrière vous.
En revanche, s’il s’avère intellectuellement moins satisfaisant, le maniement de la carte bleue vous permettra de franchir l’obstacle en douceur et de regagner votre voiture sur le parking, le caddie chargé de victuailles variées, dans un délai relativement raisonnable. Vous finirez ainsi agréablement votre soirée, affalée devant la télé à vous bourrer de chips au paprika, tandis que  le philosophe, pour sa part, aura toutes les chances de débuter la sienne dans les locaux de surveillance du magasin afin d’y subir un interrogatoire musclé dispensé par une équipe de vigiles au bord de la crise de nerfs.

La philosophie dans son exercice quotidien n’est donc pas sans danger. C'est pourquoi cette modeste "Histoire personnelle" a pour but, entre autres, d'alerter les jeunes esprits sur les dangers qui pourraient résulter d'une pratique par trop assidue de ce sport cérébral. Un peu comme la masturbation, mais sans les mains.
   
   

bhl

   

 Voici un homme définitivement mis au ban
de tous les supermarchés de France et de Navarre.

 

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Première partie - La philosophie ancienne : introduction

    Elle commence à dater un peu, c’est vrai, d’autant qu’à l’époque, les gens se promenaient à pied ou à dos de mulet, vêtus de draps blancs ridicules.
Dès lors il paraît difficile d’apporter le moindre crédit à leur enseignement, à une époque où les déplacements motorisés sont la règle et où les habitudes vestimentaires ont considérablement évolué pour atteindre un summum d’élégance et de décontraction. Cela dit, on peut malgré tout jeter un œil sur ces doctrines poussiéreuses, ne serait-ce que pour s’instruire un peu.

 

    platon_et_aristophane
Un philosophe explique à son camarade comment
  une bande de chenapans lui a volé son unique mulet.

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Chapitre premier - LES PRE-SOCRATIQUES : introduction

Evidemment, les pré-socratiques ne s’appelaient pas ainsi à l’origine, dans la mesure où Socrate n’était pas encore né. En fait, ils n’avaient pas de nom bien défini, ce qui a entraîné au début une certaine confusion, et des difficultés pour se reconnaître dans la rue. Afin de résoudre le problème, ils ont pris la décision de se séparer en plusieurs écoles auxquelles ils ont donné des noms cocasses et colorés afin qu’on ne les confonde pas.
Ce phénomène de différenciation par le nom a été également observé dans les années 60, avec l’émergence d’orchestres rythmés en destination de la jeunesse, comme les Beatles et les Rolling Stones.


stones

Les Rolling Stones :  ils doivent tout aux pré-socratiques

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LES PRE-SOCRATIQUES : Les Ioniens (VI siècle avant Jésus Christ)

Désirant avant tout concentrer leurs efforts et éviter de se répandre en considérations vaseuses sur mille sujets différents, les Ioniens ont rapidement décidé de se focaliser sur une seule et unique question : de quelle matière sont faites les choses ?
Les débats au cours des réunions de travail étaient le plus souvent enfiévrés, car, comme on l’imagine, chacun avait sa petite idée sur la question. Thalès soutenait pour sa part que peu importait la matière dès lors qu’elle affichait ses 11°5. Anaximène, qui ne supportait plus Thalès depuis une sombre histoire de toge tâchée par un morceau de viande en sauce, éprouvait un malin plaisir à le contredire systématiquement. Aussi affirmait-il –sans en être parfaitement convaincu lui-même – qu’un liquide ne saurait en aucun cas s’apparenter à de la matière dans la mesure où il ne poussait pas de cri lorsqu’on plantait un couteau dedans. Des années plus tard il finit par avouer que, aveuglé par sa rancœur, il avait confondu avec le cochon.
Mais nous ne pouvons évoquer les Ioniens sans parler d’Héraclite, figure de proue du mouvement. Héraclite, après des années principalement consacrées à la réflexion, arriva à la conclusion suivante : tout change. Une fois son propos formalisé, il éprouva une grande satisfaction en réalisant qu’il tenait là de quoi bâtir toute une carrière. En effet, il était objectivement très difficile de le contredire : après la vie venait la mort, après la nuit venait le jour, après la pluie le beau temps. Notre homme tenait ainsi à la disposition des curieux quantité d’exemples du même acabit qui, pensait-il, lui permettrait d’accéder sans problème à la postérité. Il dut cependant déchanter en constatant qu’après quelques années, son auditoire se limitait toujours à un vieillard qui passait son temps à lui jeter des petits cailloux tout en ricanant méchamment, et un chien galeux et borgne dont le comportement laissait à penser qu’il était somme toute assez peu concerné par le problème.
Il décida alors d’appâter le public en enrichissant son discours d’une toute nouvelle question : « Comment y a-t-il à la fois dans le monde de la multiplicité et de l’unité, du changement et du stable ». Le succès ne fut hélas pas au rendez-vous : le chien se mit à hurler à la mort tandis que le vieillard remplaçait promptement les gravillons par des morceaux de rocher d’une dizaine de kilos. Profondément blessé dans son amour propre (mais aussi par les projectiles) Héraclite, après une formation accélérée de trois jours, se reconvertit dans la vente d’assurance-vie au porte-à-porte.

   

courtier_assurances
La philosophie mène à tout.

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LES PRES-SOCRATIQUES : Les Italiques (V siècle avant Jésus Christ)

    On les a appelés ainsi par dérision, car ils avaient pour fâcheuse habitude de se pencher sur des problèmes dont la complexité les dépassait largement.
    Le plus célèbre d’entre eux est incontestablement Pythagore. Après des études médiocres, notre homme ne sait pas trop quelle voie embrasser. Il serait bien tenté par une carrière d’astronaute, mais le calendrier de la NASA a pris un retard considérable, et il n’a pas la patience d’attendre. Il décide alors de fonder une école à Crotone, mais il est vite confronté à ce que l’on est obligé d’appeler une dramatique absence de programme. Pour y palier, il met au point tout un tas de rites ingénieux que les élèves se doivent de suivre scrupuleusement sans trop poser de question : ne pas manger de fèves, ne pas parler dans l’obscurité ni devant la télévision, se déplacer à cloche-pied les jours commençants pas un M, etc. Et si d’aventure on l’interroge sur le bien-fondé de telle ou telle démarche, Pythagore se contente d’arborer un sourire stupide tout en massant sa longue barbe blanche.
    Toutefois, l’ambiance se dégrade rapidement au sein de la petite communauté. La cafétéria est fermée depuis des mois, soi-disant pour rénovation, et les disciples commencent à se plaindre amèrement du manque de distraction qui sévit au sein de l’établissement. Pythagore leur propose alors de s’emparer du pouvoir à Crotone. Mais une fois aux commandes de la ville, le philosophe passe son temps dans la salle de projection du palais à visionner des veilles VHS de Capitaine Flame. Les papiers gras s’amoncellent dans les rues, la délinquance prolifère, et le peuple, à bout de patience, se révolte et boute Pythagore hors des murs de la ville.
    Moralement, c’est un coup dur mais rien comparé à l’indigence matérielle dans laquelle se retrouve notre homme, contraint de retourner habiter chez sa mère qui l’oblige à faire son lit tous les matins et déposer ses chaussettes au linge sale.
    Aigri, humilié, il ne pense qu’à se venger de la société des hommes Il passera ainsi le restant de ses jours à mettre au point des formules algébriques compliquées, synonymes de sueurs froides et de punitions carabinées pour  toutes les générations d’écoliers à venir.
    Deux aventuriers notoires, Xénophane et Parménide ont également tenté de se faire un nom en s’inspirant de Pythagore, mais en mieux organisé. Xénophane officie principalement comme cerveau du couple, tandis que Parménide s’occupe de l’organisation et de l’intendance. Tous les deux, ils fondent l’école des Eléates, avec comme concept principal l’idée que ce qui est, est.
    Ils doivent cependant rapidement revoir leur formulation car les premiers élèves croient que l’on rie à leur dépend, et partent en claquant la porte, sans omettre toutefois de se faire rembourser le premier trimestre payé d’avance.
    La seconde version donne à peu près ceci : « l’être est immuable, éternel, unique, indivisible, absolu ». L’école et sa doctrine rencontrent alors un certain succès jusqu’au jour où, à la cantine, un disciple prend à partie Xénophane et Parménide. Désignant de la pointe de son couteau le steak posé dans son assiette, le jeune homme, d’un ton narquois, s’écrie à l’adresse des deux philosophes : « Eternel et indivisible, hein ? ». Puis il engloutit le morceau de viande en trois coups de fourchette. Un silence consterné s’abat alors sur le réfectoire. Après quelques minutes, les élèves finissent par comprendre qu’il avaient été les victimes d’une vaste escroquerie, demandent aussitôt le remboursement de leurs frais scolaires sur les trois dernières années, puis saccagent l’école de fond en comble.
    Suite au scandale, les deux compères, prudents, disparaissent un temps de la circulation, puis tentent de percer dans le monde du spectacle en interprétant la célèbre chanson « Toi et moi contre le monde entier ». Mais le duo fait long feu lorsqu’on s’aperçoit que la plantureuse Lily Parker n’est autre que Xénophane dissimulé sous une perruque rousse.
   
   

      peter_sloane_copie_1
Le subterfuge était pourtant grossier
   

 

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